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Comment éveiller l’intérêt des jeunes pour la lecture ? L’Hebdo du 13 Janvier

Posté par bouquinsprlefun le 13 janvier 2016

Comment éveiller l’intérêt des jeunes pour la lecture ?

L’Hebdo du 13 Janvier 2016

 

Rassurez-vous, je ne vais pas écrire un mémoire sur la lecture mais j’ai juste envie d’y réfléchir. Car j’y

réfléchis quotidiennement, au contact de nombreux jeunes et moins jeunes dont certains ont une énorme

répulsion face à la lecture à proprement parler.

Je suis en contact 6 jours sur 7 avec des enfants de 5-6 ans, des jeunes de 10 à 15 ans ainsi que de lycéens

et même d’adultes.

Dans le cadre d’un boulot, certes, on est moins concerné qu’avec ses proches, mais cela rend quand même

les choses difficiles de voir, de comprendre que les jeunes en général ont perdu le goût de la lecture.

Je sais ce que vous répondrez : « Je n’ai que 17 ans et pourtant je suis un/une grande fan de lecture et

d’écriture ». Mais vous faites partie de ceux/ celles qui ont appris grâce à un livre, un prof, un cousin, une

saga comme Harry Potter ou encore une série comme Games Of Thrones. Je vous réponds que je vois tous

les jours combien il est difficile d’inciter les jeunes à lire, même quand c’est obligé !

 

Apprendre à lire

 

Il existe de très nombreuses disparités entre les pro-apprentissage syllabique et les pro-apprentissage

global. Je ne rentrerai pas dans le débat, car les méthodes utilisées actuellement et depuis des décennies

en France sont de plus en plus malmenées, ont des résultats catastrophiques notamment lors des études

PISA, OCDE etc. La France a un « léger retard » parmi tous ses voisins européens et je trouve cela honteux.

Mais on ne peut pas réinventer l’eau chaude, n’est-ce pas ? Rien à voir avec les spécificités de la langue

française par rapport aux autres langues, d’après moi. Rien à voir non plus avec les rythmes scolaires (on

voit bienComment éveiller l'intérêt des jeunes pour la lecture ? L'Hebdo du 13 Janvier dans Chroniques diverses arrow-10x10 que cela ne change pas tant que cela les résultats de nos chers petits « frenchy » depuis qu’on a

réformé les rythmes (à part rendre les parents dingues concernant la garde de leur progéniture lorsqu’ils

sont sur Facebook au bureau).

 

 

Enseigner la lecture n’est pas tâche aisée pour nos enseignants, et je sais de quoi je parle.

Aujourd’hui, croyez-moi ou non, de nombreux élèves sortent d’une 6e, 5e, 4e, ou même 3e sans avoir

compris bienarrow-10x10 dans HEBDO des consignes, bien des textes, bien des choses écrites dans les livres ou sur les copies

tendues par leurs enseignants durant toutes ces années.

Apprendre à lire, c’est apprendre la contrainte, les règles, la cohérence des lettres et des mots, la cohérence

du sens, de la grammaire, de la syntaxe, la stabilité de l’orthographe, et surtout la correspondance entre le

signifiant et le signifié. Le sens et la forme que prend le sens (le mot). Apprendre à lire, c’est apprendre à

apprendre ! C’est-à-dire qu’on apprend à analyser, dès les toutes premières années, un code différent de

son code habituel, en développant tous ses sens et toutes ses capacités intellectuelles.

 

Les enseignants n’ont pas la science infuse, ils font ce qu’on leur demande. Enseigner la lecture passe par

le jeu, par les chants, les images, les personnages préférés des enfants, mais aussi et surtout par l’écriture !

On se méprend souvent en pensant que les deux sont indissociables, mais, je le vois quotidiennement : les

enfants sont fiers d’écrire eux-mêmes un mot, de recopier un mot en lettres capitales puis attachées,

trouver soi-même le début d’un mot, identifier mot et image correspondante. La lecture, c’est la

construction de sens. C’est l’utilisation de tous les repères (visuels, sonores notamment) pour construire le

sens dans sa tête. Comment faire pour aider cette prise de recul sur le monde, cette analyse sans analyse,

ce plaisir, ce désir d’apprendre / cette difficulté à accepter d’apprendre ?

 

Il n’est pas inné chez un enfant d’aimer la lecture, les livres, les histoires. Certains ne savent que faire d’un

livre d’images. D’autres sont lecteurs précoces, en observant leurs frères et sœurs lire, ils parviennent, par

imitation, à deviner, déchiffre quelques mots, connaître globalement certains sigles tels que Coca, Nestlé,

Lactel… et alors ? C’est superbe.

Les enseignants ont pour but de créer des projets qui englobent toutes les disciplines. En maternelle plus

qu’ailleurs, ils doivent prendre en comptearrow-10x10 les différents rythmes des enfants, les difficultés de contenu

(apprendre à prononcer/lire / écrire une syllabe n’est pas aussi difficile qu’apprendre à le faire pour un

mot à trois syllabes…) les difficultés matérielles, temporelles, spatiales, les problèmes moteursarrow-10x10, le

développement socio-affectif, l’autorité, la relation parents-enfants ou encore le rapport au savoir qu’ont

déjà les parents. (Je pense à Dolto, Charlot, Hannah Arendt, Freinet, Piaget, Montessori, Vigotsky, Binet et

bien d’autres). Tous ces facteurs, et ils ne sont pas exhaustifs, sont à prendre en comptearrow-10x10 lorsque vous

enseignez. Il y a comme un hic, non ?

 

Passer par les jeux, les personnages classiques tels que le « loup », les jeux rigolos, les semaines à thèmes,

l’expression artistique, les rituels d’accueil et de départ… tout cela peut « mettre en condition » les élèves.

Mais que se passe-t-il pour ceux qui échouent, qui sortent du moule préfabriqué par l’Education Nationale

et qui se sentent totalement en difficulté, à l’abandon, exclus par l’école dès le plus jeune âge ? Bien sûr,

cela passe par l’exclusion de la part de camarades, des brimades de certains enseignants qui sont

submergés de travail, de stress, de réunions hors temps payéarrow-10x10, de bulletins de plus en plus complexes ou

encore de parents hargneux et hautains. J’en passe et des pires. Mais un enfant qui arrive en CE2, CM1 et

qui a de sérieuses lacunes en déchiffrage, compréhension du phrasé, de la ponctuation, des « groupes de

sens » aura un mal incommensurable à comprendre ne serait-ce qu’une consigne simple comme

« Entourer », « Encercler », « Souligner », « Surligner », « Citer », « Identifier » dans un texte quelques mots

importants. Ce qui donne des élèves qui viennent parfois jusqu’en 5e avec pour vocabulaire quelques

dizaines de mots très simples et qui ne parviennent absolument pas à suivre un coursarrow-10x10 de 55 minutes du fait

de difficultés, de décalage, d’isolement total.

Donner le goût de la lecture

 

Comment obliger un enfant à faire ses devoirs à la maison, lui qui a peut-être d’autres préoccupations, une

famille nombreuse et bruyante, aucune aide de la part des parents ou d’adultes, aucune reconnaissance en

tant qu’élève ou même en tant qu’enfant ?

Comment intéresser un enfant pour qui l’école est un calvaire car il se fait harceler dès la grille passée, car

il a peur de son enseignant recruté en 4e vitesse par manque de candidats, car il se sent mal à l’aise dès le

goûter puisqu’il a un réel mal à digérer les smoothies donnés par l’école, qu’il vient épuisé à l’école ou que

le cours de piscine du mardi après-midi le perturbe à tel point qu’il en perd tous repères ?

Comment réussir à capter l’attention de jeunes enfants plus de 20 minutes sur une activité de lecture, alors

qu’ils ne tiennent même pas en place lorsque vous installez un « parcours du combattant » en salle de gym et

qu’ils vous détruisent tout en 2 minutes au lieu de faire sagement le parcours ?

Comment approcher personnellement les quelques élèves en grandes difficultés lorsque votre classe de 26

élèves vous pompe non seulement votre énergie, mais aussi votre bonne humeur, votre motivation, votre

envie de vous lever le matin, vos nuits passées à réfléchir et à préparer vos cours, et vos vacances à essayer

de vous rendre à l’évidence : vous ne servez à rien ! 

Comment permettre une « égalité de traitement » lorsque certains turbulents non considérés comme

« hyperactifs » par la MDPH alors qu’ils sont infects et tout simplement insupportables avec tout le monde,

et que même les élèves les moins récalcitrants sont stressés et vous font des crises d’asthme ou autres du

fait de trop de bruit et trop peu de place en salle de classe ?

Comment montrer aux élèves combien il est important qu’ils apprennent à lire vers l’âge de 6-7 ans pour

pouvoir s’insérer dans leur petite société qu’est l’école, qu’il faut absolument qu’ils déchiffrent le code pour

être acceptés, être autonomes, être « grands » ?

 

 

Donner le goût de la lecture

A l’heure où la société française comme la « société mondiale » sont heurtées par de lourdes et violentes

attaques qui bouleversent toute la structure de la mondialisation et touche les hommes au plus près,

comment faire comprendre aux élèves que s’engager dans la vie ne peut se faire sans comprendre, sans

s’informer, sans étudier tous ses composants ? Que sans une culture de base, sans les compétences telles

que lire dire écrire compter observer essayer manipuler le monde, ils se retrouveront face à un mur ?

 

Comment leur montrer qu’il peut être agréable d’apprendre, que cela peut satisfaire à la fois en interne et

en externe ? Comment leur montrer que lire peut éclairer leurs questionnement, enseigner la tolérance, le

respect et le « vivre ensemble » ? Comment leur montrer que l’interprétation de ce qu’ils feront de tous les

textes peut influer sur leur destin, sur leurs relations sociales, économiques et politiques ? Quel genre

d’Education laisser aux plus jeunes pour qu’ils comprennent les vraies valeurs régissant une société X à un

moment donné ?

 

 

Comment donner envie de lire ?

Les préoccupations des jeunes sont à connaître. Il faut s’attarder à leurs activités personnelles, leurs

relations sociales et ce qui fait qu’ils sont des jeunes aujourd’hui. A notre époque, les ados évoluent plus

rapidement que nous, adultes. Il s’adaptent comme un gant lorsqu’une nouvelle version d’une tablette,

d’un baladeur, d’un téléphone portable sort et vous expliquent comment cela fonctionne. Cette adaptabilité

ne nécessite-t-elle pas de chercher des informations écrites ? Y a-t-il tout dessiné, représenté par des

icônes, ou pas ? Comment les jeunes font-ils pour comprendre le monde ? A travers quel œil nouveau

voient-ils l’actualité, le travail, leur job de rêve, leur passion pour telle ou telle célébrité, leur temps libre,

leur style vestimentaire ?

 

 

Le matin, je demande souvent aux élèves de rester debout afin d’attendre le silence. J’en profite alors pour

regarder leurs vêtements et souvent, je me fais la même réflexion : profites-en pour les faire lire, leur faire

faire de l’Anglais. Profites-en pour les faire parler d’eux, ils vont se sentir en confiance, mis en valeur,

sortir du lot par rapport aux 29 autres.

Ma passion pour la lecture n’est pas secrète, j’en fais souvent part aux élèves. « Avez-vous lu le dernier … ?

Vous n’avez pas vu le film, par hasard ? « 

Lire c’est avant tout se faire une image mentale des choses qui sont écrites. Donc, il faut pouvoir associer

des images à des mots en langues étrangères. Hop, c’est parti.

Lire c’est aussi prononcer à haute voix ou dans sa tête. Prononcer implique de connaître la correspondance

phonèmes graphèmes : on respecte un code qui est universel (propre au moins au pays), un code

« inchangeable » ou du moins on essaie de leur faire croire, un code qu’il faut apprendre pour passer à

l’étape suivante.

 

Lire c’est communiquer. C’est pouvoir recevoir quelque chose qui vient d’un interlocuteur, d’un

journaliste, d’un président, d’un correspondant étranger, d’un professeur, d’un camarade de classe, d’un

parent, d’un coatch sportif le mercredi et les week-ends. Lire c’est faire confiance. C’est entrer dans un

projet, être enrôlé dans une tâche, dans un univers, dans un contexte bien particulier. Lire c’est recevoir

mais c’est aussi donner de soi pour comprendre. C’est faire un effort qui coûte beaucoup pour un jeune ou

un ado.

 

Alors, on se raccroche à ce dont je parlais avant, on se met en mode « profilage » et on essaie d’être au plus

près des intérêts des élèves. On fait des choses assez concrètes, on réussit à éveiller leur curiosité en

proposant des choses de plus en plus folles, de plus en plus exceptionnelles, on leur donne des

questionnements, des défis, des compétitions (puisque c’est à cela qu’ils seront confrontés plus tard), on

les « met en situation ». Facile à dire comme ça, très complexe en réalité. On « décompose les tâches

complexes ». Ben oui, une tâche complexe, c’est une tâche qui ne part pas avec Ariel, Mire, ni même Le

Chat (pas le Belge, « celui qui sent bon le frais »). On explique, on n’en fait pas trop pour attirer mais juste ce

qu’il faut : un peu de magie noire, un bouillon cube, de la fantaisie et un énorme sourire pour dire

« OUAHOUUUU je vous donne un bout de papier avec 3 phrases dessus !!!!! »

 

On invente, on crée, on fait des montages. Le dernier en date pour moi : le maire de Londres a répondu à

mes élèves pour les féliciter de leur travail. Ben ouais.

Mayor of London

 

La prochaine fois, ça sera peut-être un Instagram de la Reine qui leur dira de faire le corrigé du test

numéro 4 et de bien ranger leur chambre.

 

On fait avec ce qu’on a, avec ce qu’on sait. On est obligés de composer avec le côté affectif, de jongler entre

des personnes qui sont à l’opposé côté développement affectif et psychologique, de prendre en compte la

diversité des cultures et en plus, même comme cela, ça ne fonctionne que moyennement. On essaie de

« s’adapter au plus grand nombre ». Tenez, la dernière fois, je faisais deviner « I’m the ex-wife of T. Parker.

Who am I ?  » Je suis l’ex-femme de T. Parker, qui suis-je ? Certains élèves ont cru que WIFE se traduit par

EQUIPE (DE BASKET). Sachant qu’ils sont censés connaître WIFE et HUSBAND à leur niveau. => d’où

l’importance d’enseigner la compréhension. Donner des astuces, des indices, des méthodes de décryptage

des phrases. Contextualiser. Donner envie de trouver le message caché. Envie de gagner contre les autres,

contre les filles, contre les garçons, contre les plus jeunes, les plus âgés, les « Stars » versus les « Queens »

versus les « Winners ». (c’est du vécu). Obliger de passer par l’écriture et la lecture pour permettre

d’avancer, de grappiller des points, des croix dans un bulletin, des « encouragements ». Tout cela dans la

bonne humeur et avec Juvamine puissance 1000, s’il-vous-plaît.

Lire c’est comprendre le monde qui nous entour et s’adapter à ce monde. Voilà un de mes combats

quotidiens. Lire, ce n’est pas seulement trouver un article intéressant dans le journal quotidien local,

découper un article sur M. Pokhora, trouver une pub avec Shakira ou encore décoder l’affiche du film Star

Wars et à quelle heure il passe au ciné le plus proche.

 

Lire, ce n’est pas seulement trouver la composition des Kinder pour le goûter du petit frère allergique, ni

déchiffrer l’ordonnance du docteur quand on a besoin de soins, ni lire les panneaux pour se rendre en

vacances ou le menu d’un resto entre amis. Lire, ce n’est pas seulement compléter une feuille lors du test

en fin de trimestre, juste pour faire plaisir aux enseignants et aux parents par la même occasion. Lire, ce

n’est pas seulement compléter ses choix d’orientation, comprendre de quoi parle la dernière chanson des

Enfoirés ou de Grand Corps Malade, savoir à quelle date rendre les livres à la bibliothèque ou à quelle date

passer le contrôle technique de la voiture. Ce n’est pas seulement suivre une liste de courses, un plan d’une

ville pour trouver le musée, s’inscrire au judo, aller au concert de Violetta ni que sais-je encore. C’est bien

plus que ça. Mais c’est à partir de ce genre de projets que je construis ma réflexion.

 

Pour conclure, je n’ai que peu de réponses, mais j’ai le mérite d’y réfléchir, je pense. Il n’y a pas de clé,

juste quelques astuces. Montrer qu’on aime lire, qu’on aime s’informer, qu’on est curieux, qu’on suit

l’actualité, qu’on ne peut avancer dans la vie sans la lecture, montrer l’exemple n’est pas suffisant. Courage

à tous ceux qui comme moi se sentent révoltés, impuissants face au manque d’envie, de motivation,

d’énergie de certains jeunes par rapport à l’activité de lecture.  J’attends vos propres clés ! N’hésitez pas à

commenter ! 

 

 

 

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