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Un Grand Corps Malade bouleversant dans « Patients »

Posté par bouquinsprlefun le 8 novembre 2015

Patients de Grand Corps Malade

Grand Corps Malade Patients

Comment prendre du recul sur un livre qui vient de se refermer, d’expliquer ce qui vient de me bouleverser ?

Les mots.

J’aimais déjà cet artiste pour ses phrases déclamées comme ça, en impro ou préparées, très travaillées, poète des cités, si généreux avec les jeunes de banlieues, si simple et pourtant si brillant.

J’avais craqué pour ses vidéos « Le blues de l’instituteur », « 4 saisons », « Education nationale » avec sa voix si grave et sa sensibilité si profonde. Ce garçon est un génie. Un génie des mots, un génie des lettres, un génie des rimes et surtout pas de la frime. Un homme humble et modeste, fidèle à lui-même, toujours droit et proche des gens. J’avais craqué pour ses textes tellement vrais, dans lesquels on se reconnaît forcément de temps en temps. Des phrases pleines de sens et de réalisme, mais aussi de philosophie et de professionnalisme. Un génie, un génie de la poésie, un Beckham du slam.

L’homme

Une histoire peu banale, qui l’a sans doute rendu plus fort. Une vie qui change du tout au tout en quelques secondes, un accident qui le prive de toutes libertés, de toute intimité, de tout lien avec un extérieur « libre » et indépendant de tout mouvement. Le corps qui ne répond plus, l’esprit qui doit lutter… Et la volonté, la lutte contre les frustrations, l’envie de refaire du sport… qui l’aident à se surpasser, dépasser tout ce qui était impossible pour que sa vie d’avant soit rendue presque possible.

Le livre

Un centre de réadaptation décrit à la fois comme une prison, un bateau, qui devient familier, qui devient contre toute attente « chez soi ». Un centre abritant une micro-société qui renaît tous les matins, des rituels obligatoires, cruels, douloureux, parfois inhumains dont l’auteur ne se plaint même pas. Une acceptation de la différence, de cohabiter avec des anonymes qui deviendront comme des frères militaires à la guerre, comme dans une brigade de cuisiniers, sauf que là, c’est leur vie qu’ils mettent en jeu.

Une bienveillance par rapport à chacun des patients, des petits bouts de vie, de l’humour, des anecdotes qui font partie de la vie, de la rééducation, de l’acceptation de l’état qui était totalement incroyable une seconde avant ce moment précis où tout a basculé. Un style très simple et si efficace, un récit touchant, témoignant bien des difficultés sauf que nous, nous nous sentons à l’abri de tout. Sauf que nous, ça ne nous est pas arrivé. Non, on n’a pas été cloués dans une chaise roulante, ni pour quelques mois, ni pour la vie. Un témoignage très éloquent sur la gêne éprouvée lorsque, après un travail « à pas de fourmis », l’homme se remet à marcher tout doucement quand ses compagnons sont encore plus mal lotis.

Une leçon de vie, une vraie claque dans la figure quand l’homme dit au lecteur en toute simplicité que ces personnes qu’il a côtoyées si longtemps sans le vouloir ont fait partie de sa vie, qu’il garde contact avec elles, que c’est « juste un des centres de réadaptation par lequel il est passé ». Une tranche de vie qui est plus un message d’espoir qu’une vision fataliste. Jamais l’auteur ne se plaint, ne dit combien la souffrance est horrible, mais qu’en sait-on si on ne l’a pas éprouvée ? Combien le temps est long lorsqu’on vous laisse « dans un coin » dans l’attente de nouveaux soins humiliants, combien il doit être affreux d’être emprisonné dans un corps qui ne réagit à aucun de vos ordres. Combien chaque geste de la vie quotidienne est complexe, que dépendre des autres doit être horrible…

Pour conclure, un récit prenant, bien écrit, en prose et pourtant si joli. Une leçon de vie, un moment d’espoir. Des anecdotes, des petits bouts de vie qui nous font imaginer, rien qu’un peu, à quel point la vie dans les hôpitaux, celle où ils deviennent « Chez vous », doit être complexe, et pourtant vitale. Merci… pour ce moment, Grand Corps Malade. Parce que comme vous le dites si bien, une personne en situation de handicap n’est pas SEULEMENT une personne en situation de handicap. Et pourtant, le regard de la société est encore bien loin de l’acceptation, la reconnaissance, l’aide nécessaires à leur épanouissement dehors. 

Publié dans Romans | 2 Commentaires »

 

Stephanie durieux |
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