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Les Ignobles d’Huguette Conilh

Posté par bouquinsprlefun le 4 novembre 2015

Qui n’a jamais pensé à son enterrement, aux personnes qui viendraient ou ne viendraient pas pour un dernier au revoir ? Qui n’a jamais voulu observer ses proches après sa propre mort, pour voir leur réaction ? C’est ainsi que débute le roman « Les Ignobles ». Car Anna est partie. Elle a quitté le monde des vivants, après 35 ans de vie. Elle a mis fin à ses jours. Norbert, son mari, veut rester seul pour faire son deuil.

Deux garçons, Camille et son frère Mathis, se tiennent dans un cimetière, et pleurent leurs parents décédés dans l’incendie de leur maison. Mathis n’a que 13 ans, Camille décide de l’emmener vivre à sa colocation et de l’élever, malgré l’âge difficile dans lequel il entre. Cela sera toujours mieux pour lui qu’aller avec leurs grands-parents, stricts et avec qui ils sont en froid.  Ils ont 12 ans de différence et la vie les avait séparés, Mathis n’avait que huit ans.

Il s’avère que Camille est l’un des colocataires d’un appartement dont Norbert le menuisier est propriétaire.

La vie à trois dans le petit appartement s’avère délicate. Les horaires de travail du colocataire et de Camille sont incompatibles.

Mathis a du mal à communiquer… C’est un ado rebelle : mauvaise influence, idées noires, crises nocturnes, ou encore passage par la BAC… l’adolescent dans toute sa splendeur.

Aaron : colocataire peu sympathique de Camille, possède une mystérieuse boite fermée par un cadenas dans ses affaires, une trace ronde étrange dans le dos. Le mystère reste entier.

Camille : 25 ans, travaille, essaie tant bien que mal de permettre à Mathis de s’adapter à sa nouvelle vie. Mathis a soif de libertés et d’indépendance, mais peut-il lui faire confiance ?

Autour de ce trio gravite Norbert, bien sûr. Norbert apprécie ses locataires mais ne le montre pas. Il semble inconsolable depuis le décès d’Anna, 5 ans auparavant.

Un roman très travaillé, parfaitement bien exécuté, avec des passages notamment sur la présentation des personnages, (fin de la première moitié surtout), avec une intrigue, des petites choses secrètes, un dénouement très attendu, bref, de très bons éléments qui fonctionnent bien ensemble. J’ai beaucoup apprécié le style, le caractère du livre, le thème, les idées qui en découlent, et me suis attachée à Mathis. Je vous recommande tous les livres d’Huguette Conilh, qui ont, malgré la gravité du thème, toujours un brin de poésie, de légèreté qui rend la lecture authentique, agréable et facile.

J’ajoute que le roman est actuellement en attente d’éditeur !

Plusieurs choses me viennent à l’esprit à la lecture de ce roman.

Comme me l’a confié Huguette Conilh, j’ai pu me rendre compte de la profondeur du roman, du message qu’elle essayait de délivrer. Ce texte est en fait comme un symbole de tolérance et de respect par rapport aux homosexuels, à l’homoparentalité, et à l’acceptation de leurs différences. Il prouve combien il doit être difficile pour un couple homo de se cacher aux yeux de tout le monde. Car les refus d’insertion sociale seraient multiples : travail, logement, liens amicaux, entente familiale, … toutes les exclusions et discriminations possibles sont donc envisageables. Pourtant, personne n’est parfait. Ce roman montre bien, à travers une histoire assez simple, quels jugements peuvent avoir les gens sur d’autres personnes, juste sous prétexte qu’elles ont des mœurs différentes, qu’elles ont des sentiments considérés comme « non naturels » par certains. Jusqu’à quel point a-t-on le droit de juger, d’agresser, de violenter des personnes qui ont juste fait des choix différents que ceux attendus « normalement » par la société actuelle ? Comment se fait-il qu’aujourd’hui, en Europe en 2015, les personnes différentes ne soient toujours pas acceptées par leurs pairs, qu’ils ne comprennent pas combien il est important, utile, pédagogique de pouvoir rencontrer la diversité, combien on a besoin les uns des autres pour construire une société complète, variée, culturellement riche, et solide ? A l’heure où certains ont enfin le droit, dans certains pays, à une reconnaissance « civile » par le mariage, mais pas forcément le droit à être officiellement parents, se peut-il que les mentalités soient encore si fermées, opaques, que ce thème soit toujours tabou ? De quel droit son propre jugement permet-il de décider des libertés, des droits d’autres personnes, juste sous prétexte que leur nature profonde ne soit pas celle attendue par la société ? Pourquoi les lois sont-elles si figées finalement ? Qu’en est-il du regard lancé jour après jour aux enfants de couples homos, alors mêmes que les parents intolérants osent juger les autres, étant eux-mêmes sans doute différents dans tout autre domaine ? De quel droit l’intimité des gens homos est-elle étalée sur la place publique, de quel droit parle-t-on de déviance, de pathologie mentale, de folie, de perversité alors qu’il ne s’agit là que de sentiments ?

 

Voilà les questions que je me pose à la sortie de cette lecture, qui n’est pas particulièrement un thème que j’affectionnais, mais plutôt l’acceptation de la différence, le respect, la tolérance, que j’essaie de communiquer notamment au travail, auprès des jeunes générations. N’oubliez pas, jeudi, c’est la journée du Harcèlement à l’école. N’oublions pas que le mal est partout mais qu’il en va de notre responsabilité : ouvrons les yeux sur le monde qui nous entoure, et ne laissons pas faire.

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Stephanie durieux |
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